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La
Getion des Réclamations : Créer les conditions
d'une relation client exclusive
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> Gestion des réclamations
LA COURSE A LA FIDELISATION
Les spécialistes en marketing
ont posé les principes, les acteurs de terrain les
ont mis en pratique, les clients ont tranché. Désormais,
il est établi que la différenciation entre les
banques ne peut pas reposer que sur leur seule gamme de produits
qui tend à se banaliser, ni sur une tarification qui
tend à s'homogénéiser. De même,
les tentatives de rétention adossées à
des clauses contractuelles alambiquées ou aux contraintes
qui accompagnent un changement de domiciliation ne sont plus
suffisamment dissuasives. En revanche, la qualité de
la relation établie entre le client et son conseiller,
associée à la qualité du service après-vente,
constituent un puissant vecteur de différenciation.
Par ailleurs, sachant que conquérir de nouveaux clients
coûte cinq fois plus cher que de fidéliser ceux
déjà acquis, et même si ces derniers sont
plus volatiles qu'auparavant et généralement
multi-bancarisés, les banques redoublent d'efforts
pour fidéliser leurs clients. Ainsi, dans une conjoncture
peu favorable au développement, on peut dire que les
banques envisagent aujourd'hui leur développement plus
en termes de gain de " part de client " qu'en "
part de marché".
DU SLOGAN RACCOLEUR AUX PROMESSES TENUES
Fidéliser est donc devenu une
impérieuse nécessité, mais attention
! Les promesses, qu'elles soient explicites ou bien implicites,
engagent ici lourdement ceux qui les formulent. On sait que
la fidélité met en jeu des mécanismes
complexes et pas toujours strictement rationnels. En effet,
le respect des engagements est une chose, la réponse
aux attentes en est une autre. Seul un client très
satisfait sera fidèle. De plus, l'expérience
prouve que la fidélité ne s'achète pas
mais qu'elle se gagne, s'entretient et ne consent aucune défaillance.
C'est dans ce contexte de quête de fidélisation
que 'la Gestion des Réclamations' revient au centre
des préoccupations des Directions Générales
car elle offre bon nombre d'opportunités, par exemple
:
· L'identification des points
d'amélioration de la qualité de service ou du
fonctionnement interne de la banque constitue un premier apport.
Une interaction avec la gestion des incidents permet d'anticiper
les réclamations. De façon induite, on peut
dire que la gestion des réclamations est une source
de progrès individuelle et collective qui doit produire
des effets bénéfiques à la fois pour
le client qui est mieux servi et pour la banque qui optimise
ses processus.
· La création de contacts avec le client parce
qu'elle consiste à réagir à un événement
qui concerne de près le client et qu'il est dès
lors très attentif à la réponse qui va
lui être apportée. Les commerciaux qui déploient
tant d'énergie pour obtenir des rendez-vous se trouvent
dans ce cas sollicités par leur client.
· La concrétisation d'actes commerciaux directement
associés ou non à la réclamation. Dans
les faits, il est constaté qu'une demande client satisfaite
constitue souvent une réelle opportunité commerciale.
Le 'statut' de la réclamation dans certaines banques
est si négatif que cette opportunité s'en trouve
souvent gâchée.
A contrario, il faut également
rappeler que la mauvaise gestion d'une réclamation,
peut :
· Avoir un effet néfaste
de par l'image négative que le client mécontent
véhicule auprès de son environnement (famille,
voisinage, milieu professionnel, associatif,
).
· Conduire à la rupture de la relation. Dans
les faits, on constate plus fréquemment et à
contretemps une extinction de la relation plus sournoise,
qui consiste pour le client à ne plus agir vis-à-vis
de sa banque en privilégiant une multi-bancarisation.
LA
GESTION DES RECLAMATIONS EST L'AFFAIRE DE TOUS LES ACTEURS
DE LA BANQUE
Si la gestion des réclamations
est à l'évidence porteuse d'enjeux, il faut
également considérer cette activité pour
son aspect éminemment transversal. L'implication et
la coopération qu'elle exige à l'échelle
de l'ensemble des acteurs concernés n'est pas à
négliger. La notion de transversalité dans ce
cas précis n'est pas un vain mot. En pratique, les
points d'entrée d'une réclamation sont multiples
et la façon de les traiter généralement
disparate. Prenons l'exemple d'une réclamation émise
par un client ayant subi un réel préjudice.
Cette réclamation prise en compte en agence va être
examinée par le directeur d'agence qui va juger nécessaire
de la transmettre à sa direction. Celle-ci va s'appuyer,
pour instruction, sur des services spécialisés
qui vont faire appel à un conseil juridique
.
Dans pareille situation, combien de services auront été
impliqués ? Combien de collaborateurs auront eu le
dossier en main ? Qui dans l'entreprise sera en mesure de
connaître l'avancement du dossier ? Qui pourra garantir
au client un délai de réponse ? Qui sera habilité
à procéder à une compensation significative
? Qui va élaborer la réponse ? Qui va la communiquer
? Qui va s'assurer que le client en est satisfait ?
.
A cette approche organisationnelle, il faut ajouter la dimension
culturelle et managériale sous-tendue par la notion
de réclamation. Elle demeure dans bien des cas un sujet
tabou qui fait craindre que l'on pointe du doigt des défaillances
individuelles ou collectives. Souvent étiquetée
comme simple activité administrative, elle est pour
toutes ces raisons peu valorisée. De quoi réfréner
les ardeurs des acteurs commerciaux les plus performants !
Pourtant, combien de clients réclamant à l'occasion
d'un prélèvement de frais de mise en opposition
sur une carte bancaire volée, décident de souscrire
une assurance moyens de paiement refusée six mois plus
tôt dans le cadre d'une action commerciale classique
? Saisir cette occasion rare de rebond commercial suppose
que cette activité soit valorisée et que l'ensemble
des freins soient levés en redonnant au traitement
d'une réclamation un statut d'acte commercial à
part entière.
LES SOLUTIONS APPORTEES NE CONVIENNENT
PLUS
En l'absence d'une vision commune de
la réclamation, certains services dans la banque ont
développé leurs propres dispositifs de traitement
des réclamations. Ces solutions spécifiques
se sont empilées et juxtaposées. La création
de services Qualité ou Relation Clientèle n'a
pas suffi à endiguer cette tendance et ne permet pas
de faire l'économie d'une nécessaire remise
en cause des pratiques existantes. D'autant que l'augmentation
et la complexification des offres multi-produits, mais également
l'exigence des clients et la pression réglementaire
(charte client, loi Murcef,
) nécessitent une
plus grande formalisation des engagements pris par les banques.
Dès lors, celles-ci sont confrontées à
un nombre de réclamations accru. L'externalisation
de certaines activités, moins transparente pour les
clients qu'ils ne le souhaiteraient, suppose aussi une implication
des partenaires concernés dans le traitement de certaines
réclamations.
Points d'entrée multiples, organisation en réseau,
nombre de réclamations accru, procédures de
traitement essentiellement manuelles, partage des responsabilités
peu clair, sont autant d'éléments qui remettent
en cause la pérennité du modèle organisationnel
actuel.
LE CHEMINEMENT ADAPTE
Le premier axe de réflexion
doit impérativement porter sur une définition
claire, et commune à l'ensemble des acteurs de l'entreprise,
de la notion de " réclamation ", ainsi que
sur l'élaboration d'une typologie reconnue (nature,
motifs, forme,
). Loin d'être un exercice de style,
ce travail permet de délimiter le champ à traiter
en évitant notamment l'amalgame avec d'innombrables
sollicitations clients qui ne relèvent pas du traitement
des réclamations. Ensuite, pour chaque type de réclamation,
les activités de gestion et de traitement de la réclamation
doivent être recensées et décrites afin
de favoriser l'homogénéisation des traitements,
et ce quel que soit le point d'entrée considéré.
Une approche qualitative, quantitative et surtout objective,
devient alors possible permettant une analyse différenciée
des circuits à envisager (plus ou moins courts, plus
ou moins industrialisés). A partir de cette étude,
des scénarii d'organisation cible vont pouvoir être
échafaudés. Certaines directions choisiront
de préserver une relation de proximité avec
les clients, d'autres viseront une industrialisation poussée
en retenant une organisation spécialisée (ex
: numéro vert routé sur un centre de contacts).
De la même façon, l'instruction des dossiers
de réclamations pourra être réalisée
par les services potentiellement concernés ou bien
être regroupée au sein d'un middle-office dédié
à cette activité. On ne manquera pas de définir
les rôles de chaque intervenant dans la chaîne
(qui rédige la réponse faite au client ?), ni
les règles de gestion de base (une réponse doit-elle
toujours faire l'objet d'un courrier postal ?). Les solutions
sont nombreuses et présentent leur lot d'avantages
et de limites qui méritent d'être étudiés
en profondeur. Si l'automatisation des traitements est généralement
préconisée, on évitera de céder
à une primauté technologique qui a déjà
conduit certaines banques vers bien des écueils. En
effet, si les solutions progiciels du marché sont plutôt
bien adaptées au besoin et sont performantes, elles
sont aussi articulées autour d'architecture de type
workflow qui exige que l'on ait, préalablement à
leur intégration, étudié dans le menu
détail les activités et tâches à
réaliser et l'organisation cible.
SEULS LES CLIENTS TRES SATISFAITS RESTERONT
FIDELES
Une gestion des réclamations
pertinente constitue un facteur déterminant dans la
recherche de fidélisation des clients. Comme nous l'avons
vu, elle doit viser à sensibiliser les acteurs de l'entreprise
à la nécessité de progresser dans le
but d'accroître la satisfaction de ses clients et mettre
en évidence des leviers d'actions. Pour pleinement
réussir sur cette voie, il faut être en mesure
de combiner une démarche rigoureuse qui aboutisse à
une organisation cohérente et à la volonté
de faire adhérer les acteurs aux enjeux qui entourent
cette activité. Les clients seront seuls juges des
résultats obtenus et ne manqueront pas d'exprimer leur
opinion dès lors qu'on leur demandera de la formuler.
Tout ceci revient à organiser et à régénérer
la mise en place d'un cercle vertueux. La réussite
est à ce prix !
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